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Qui sont ces groupes qui peuvent bien jouer du rock au temps des rappeurs, qui sont ces gens qui vont écouter du rock à l’heure de l’happy hour ?
Lors d’un frileux soir de Janvier je suis allé me mettre au chevet du rock, genre brinquebalant tant bien que mal sur la scène musicale Parisienne. 

Il va sans dire que trouver des concerts de rock à Paris est encore une chose facile, malgré tous les articles qui annonce sa mort, il est bien là. Il existe même une salle, souvent comble : le Supersonic. Je m’y suis rendu peut être par nostalgie ou bien par alcoolisme, à choisir. Passé le sas d’entrée on voit étonnament des gens de tout âges, on pense à tort que seuls de pimpants quadragénaires se déplacent pour ce genre d’événements mais non, c’est éclectique en âge, les rocks-fans sont fidèles et se renouvellent. Et c’est normal au menu de cette soirée, pas un mais trois groupes de rock qui vont s’enchaîner à la suite. Au programme Space in Bloom, le warm-up difficile, Last Night We Killed a Pineapple, le nom Lol et Strange Cages le quota anglais. 

Difficile tâche d’être en warm up. Les quelques personnes présentes n’ont même pas commencé leur apéro qu’ils sont portés dans le bain bucolique du flower power rock cher aux seventies. Les amplis crachent quelque chose de doux avec des guitares psyché. Sur scène un grand chevelu porté sur les vestes en cuir nous susurre de drôles de paroles pour nous envouter, intéressant  il ressemble à Jared Leto, heureusement qu’il ne fait pas la même musique. Leur rock psychédélique à la sauce 2019 cherche à nous caresser dans le sens du poil sans nous les mettre. Ils débutent leur carrière et nous notre soirée, la porte d’entrée de leur univers est un peu bloquée et les quelques zigs face à eux dodelinent doucement de la tête. On se réserve pour la suite en se servant une mousse, attendant que le charme opère. 

Plus tard se met en place Last Night We Killed a Pineapple. Un nom difficile à prononcer mais une musique plus agréable à écouter, les bougres se démènent et font monter la pression. Ils se décrivent comme un rock fruité… Je ne sais pas si je ressens la douceur du fruit à leur écoute, c’est plutôt des guitares très perçantes mais on se prend au jeu de l’alternatif. Ils jouent savamment des larsens, faisant passer ça pour du rock strident. Les gars sont pros et l’avant scène commence à se remplir avec envie pour en finir avec le dodelinement et s’attaquer au head-banging. 

Escalade de la violence, le prochain groupe Strange Cages monte sur scène avec fracas sans perdre d’énergie. De jeunes anglais sentant très très bons car tout le monde se rapproche de la scène pour humer leur énergie. Tout ce qu’on a envie d’entendre est la, du rock, du punk et quelques solos foireux. Le batteur, intriguant, a l’air d’avoir 14 ans mais il tape dur devant des nouveaux fans. Le lendemain il est sur qu’ils auront de nouveaux fans sur les réseaux, oui on est en 2019 il ne faut pas l’oublier. Peut-être que c’est ça le problème du rock, il n’est pas assez instagrammable, plus assez sexy, il manque de booty shake. Pourtant il bouge bien, voir mieux qu’avant mais il sent toujours la bière froide et la sueur. Même pas mort. Avec des groupes comme Strange Cages et des endroits comme le Supersonic il reste encore là et reste peut-être un jardin secret pour ceux qui veulent s’amuser sans filtres et sans stories.