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En cet hiver froid et sombre quoi de mieux qu’écouter un bon morceau de Cold Wave. Si vous êtes de mon avis Les Clopes réuniront tout ce dont vous avez besoin : une musique sous Xanax, des paroles sombres et des références adolescentes. Eteignons les lumières, écoutons le Synthé et vérifions ensemble si la dépression n’est pas un argument marketing. 

Plutôt jovial de nature, après écoute des quelques titres des clopes j’ai vrillé, le poids du monde s’est effondré sur mes épaules et j’ai aimé ça. Pas une once de joie, un condensé de ce qui se fait de mieux en sad music. Ça doit bien venir de quelque part une telle dépression. J’ai envie de savoir, je ne suis pas psychanalyste mais plutôt un expert en blockhaus noir donc ça devrait le faire.

Vouloir rencontrer Les Clopes, c’est emprunter un labyrinthe obscur, ces gars là préfèrent définitivement l’anonymat au canapé rouge de Michel Drucker. Grâce à notre travail digne d’Hercule Poirot on a réussi à les retrouver dans une petite ruelle sombre d’une ville dont on ne dira pas le nom. Attablé autour d’un cendrier et de café décaféiné, nous quatre avons enfin trouvé la raison pourquoi les pays où il pleut le plus sont ceux où on ne sourit pas. 

Salut Les Clopes, le groupe existe depuis combien de temps ? Comme le bon vin bonifiez-vous avec le temps ? 

Patrick Guillaume: Les Clopes existent depuis 2012. Il me semble qu’on devient meilleurs oui, comme le vin. Enfin, meilleur n’est pas le mot.

Guillaume Patrick: Oui, ça fait sept ans maintenant.

Daniel Brumeux: 2012? J’aurais dit avant. Je sais plus.

Quelle est l’origine du groupe est-ce une rupture amoureuse et le besoin d’en parler ?

P: Une rupture amoureuse oui. Plus ou moins. 

G: Plutôt la fin d’une relation. Et la déprime.

D: On déprimait sec. Enfin, il me semble. C’était quand?

Vous n’avez eu de problème avec la loi Evin avec votre nom ?

P: (rires) Non. D’ailleurs on sait pas ce que c’est. Une loi qui se bonifie avec le temps ?

Qui fait quoi dans le groupe ? 

P: Je suis le leader, poète avant tout. Guillaume compose toutes les musiques, et Daniel joue les guitares et produit l’ensemble. Je ne sais jouer d’aucun instrument. Ou alors le mien c’est la plume. Notre musique est du rap. Le rap que Ian Curtis aurait du faire, si….

G: Mon instrument c’est la basse. C’est ce qui me donne des idées de musiques. Les textes de mon cousin Patrick Guillaume m’inspirent. Autant que les guitares de Daniel.

D: Je me souviens pas de qui fait quoi, c’est hyper flou. Je me souviens pas où est ma guitare, d’ailleurs. Vous travaillez pour Rock&Folk ?

Quelles sont les références les plus pertinentes, selon vous, lorsqu’on doit comparer Les Clopes à d’autres artistes ?   

P: Pour nous la référence absolue c’est Béton Plastic. C’est un de leurs concerts qui nous a donné envie de jouer. Eux, c’est très punk. On est plus sombre. Enfin pas vraiment. Ce sont nos idoles. Enfin, quasi. 

Mon cousin et moi on ne connaissait quasi rien en musique. Et là c’était la claque. Je me reconnais en Lucien Pantin, le chanteur. Même si je suis pas vraiment chanteur. Plus poète. Lui aussi. Enfin pas vraiment. Daniel, lui, est dans la musique depuis tout petit. Il est né durant le festival Positive Mayhem en juillet 1995 à Redon. Depuis il traine avec des musiciens. Plus ou moins. 

D: Il parait mais j’ai aucun souvenir de ce concert. J’avais 1 jour. Je revois une sitar. Je sais plus. C’était à Redon? Pas à Rezé? 

Redon ou Rézé, 80 km de différence

Les thèmes de vos chansons sont souvent morbides, vous ressentez vraiment ça dans votre vie ? 

P:  La vie est morbide, comme un quai de Rezé un dimanche de pluie. Enfin, pas vraiment car la pluie c’est beau. On n’est pas vraiment morbides. Quasi. 

Vous parlez beaucoup dans vos tracks de ce que vous n’aimez pas. On va faire l’inverse qu’est ce que vous aimez ?

P: Nous aimons Nantes. Et le blockhaus de Nantes. Enfin pas vraiment la ville mais ce qu’elle dégage. 

Qui est cette Virginie qui vous harcèle au téléphone ? 

P: Virginie est l’ex de Daniel. C’était pas vraiment sa meuf. 

D: J’ai aucun souvenir de cette meuf. C’est elle qui m’appelait tous les soirs au blockhaus? Il me semble que c’était sur ton téléphone célullaire, non? Je sais pas si j’ai déjà eu un téléphone. C’est pour Rock&Folk l’interview? J’aime bien Rock&Folk. Pourquoi elle m’appelait sur ton téléphone?

Arrivez vous à transmettre la dépression à votre public en Live ?  

P: Je n’aime pas que l’on parle de notre public comme d’un public. C’est plus que ça. Ce sont des disciples du sordide, du lugubre et du morbide. Je songe à créer une église. La  SML Church, comme Sordide, Morbide et Lugubre. Ce serait Sophie Marie Larrouy la grande prêtresse. Enfin pas vraiment une prêtresse. 

D: Les églises c’est trop bien. J’en ai vu une, je me souviens. C’est hyper impressionnant. Elle s’appelait L’Eglise de La Petite Folie, à Brest. Y’avait un mec barbu. Ou alors c’était sur internet. Je sais plus. 

Prenez vous part au débat qui dit que Nantes c’est un petit peu la Bretagne quand même ? 

P: Je préfère ne pas en parler. C’est trop de douleur. Enfin pas de la douleur, mais une impression douloureuse. 

Quelle est votre prochaine actualité j’ai entendu parler d’un album ? Vous allez parler de quoi dessus ?

P: notre album sort en janvier. Quelques chansons sont déjà sorties en single, dont le dernier chez Detonic, un label australien. Ça parlera de l’enfer et de stylo. Parfois de viande. Mes textes coulent de mes veines. Ça parlera de mes veines. Enfin pas vraiment de mes veines. 

G: Y’aura un avant et un après.

D: Il sort quand, Rock&Folk?

Quand aurons-nous la chance de vous voir en Live ? 

P: Notre impresario, Gainsbite, nous cherche des dates. Pour des concerts qui seront pas vraiment des concerts. On attend des nouvelles. On peut attendre tranquillement car on est rentiers. Mais à gauche. Rentiers de gauche, quoi. Enfin plus ou moins. 

Notre Blog s’appelle T’as Raison, en hommage à notre mauvaise foi. Pouvez-vous nous dire en quoi vous aurez toujours raison ?

P: Les Clopes revendiquent l’ampoule dans l’entrée, et la dessus on aura toujours raison, car sinon on ne peut pas enlever ses chaussures sans tomber. Enfin, une ampoule ou un cierge. Pas forcément une ampoule ampoule. 

Pour finir chaque interviewé nous fais une playlist, est-il possible de nous transmettre 12 titres qui permettront de mieux comprendre votre univers ? Si possible expliquez en quoi ils vous ont marqué ?  

G: -A Certain Ratio « Forced Laugh ». Cette trompette! Ce climat. On a adoré. 

   -The Names « nightshift », super chanson

   -Throbbing Gristle « united » 

   -Neva « cassette 1988 » ce mec a disparu, je crois

   -Beton Plastic « putain ça craint » quel texte!

   -Shadow Paradoxe « si la vie c’est ça ». Classe utime

Après je mettrais nos chansons, car elles tuent.

P: Oui, bien dit. Enfin après ça se discute. 

D: Quelles chansons?