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40 de fièvre. Depuis mon lit, après une vingtième diligence braquée sur Red Dead Redemption 2 j’ai été saoulé par la violence puis d’un coup je me suis souvenu qu’Anne Hathaway était pas mal en Catwoman. Atteint de délires, j’ai eu l’idée de faire appel à cette infirmière un peu spéciale pour accompagner ma guérison et combler le vide affectif qu’implique le combo célibat/grippe.

11h37, 39° : Je rabat mon fusil dans l’étui monté sur mon cheval. Une rapide sauvegarde, je file sur Netflix pour trouver un film avec Anne Hathaway. Le service de streaming me suggère directement Le diable s’habille en Prada. J’appuie sur Play, avale mes médicaments et laisse Anne me bercer de son jeu d’actrice 

11h41, 39,5° : Voir débarquer cette journaliste (jouée par Anne, vous l’aurez compris) dans sa tenue confortable à son entretien chez Runway me rappelle que dehors c’est l’hiver. Pendant que je commande un repas chaud, je pleure sur le sort d’Anne lorsqu’elle est confrontée à la méchanceté de sa collègue et de sa supérieure.

La peur et tristesse d’après Anne’s Studio

12h10, 38° : Je suis en train de shaker des épaules, thermomètre en bouche, alors qu’Anne reprend son travail en main, mes anticorps s’arme contre ma grippe telle une armée d’assistantes chez Runway. Pendant que Madonna interprète son tube Vogue (coïncidence ? Je ne pense pas), Anne revêt des tenues de plus en plus adéquat à son poste, Je soupire de joie lorsque Meryl Streep esquisse un rictus de félicitation à mon héroïne du moment.

13h, 38,5° : Quelque chose, j’ai froid. J’ai envie de hurler sur le petit ami d’Anne qui ne comprend rien. Ce n’est pas juste une phase, elle a besoin de ce travail. Pourquoi ne comprend-t-il pas que la méchanceté de Meryl Streep n’est qu’une forme cachée de bienveillance. Anne ne se plaint pas à lui pour des conseils. La larme à l’oeil, je me demande pourquoi les hommes de comprennent pas que les femmes ne veulent qu’une oreille aimante et attentive, pas des solutions. Je décide d’avaler mon quatrième Doowap de la journée lorsque c’est le drame. Meryl veut virer Anne puis lui demande le manuscrit du dernier Harry Potter pour ses filles ! Rien que ça… Je retrousse donc ma couette pour soutenir moralement la quête presque impossible de la jeune femme aux grands yeux.  Heureusement, elle peut aussi compter sur l’aide d’un écrivain beau gosse. Ce dernier la fera tanguer entre son amour de toujours et la promesse d’une aventure. Mais bon… les valeurs américaines rattraperont Anne plus tard dans le film : La tromperie c’est mal, le carriérisme pour une femme, encore pire. Lorsqu’elle décroche son voyage à Paris fashion week, je lâche un « You go girl ! » enflammé suivi d’une quinte de toux grasse et une remontée de ma fièvre délirante.

Entre 14h et 16h, 39° : Je transpire… Anne retrouve son homme et une intégrité professionnelle en obtenant son job de rêve au New Yorker. Non sans l’aide de la recommandation de Meryl. J’esquisse un sourire pendant qu’une larme coule sur ma joue. Anne m’a fait vivre une réelle aventure.

Entre Anne, les cadavres de mouchoirs et moi on forme un vrai triangle amoureux

15h 30, 37,5°: Je vais mieux. Je ne sais pas si c’est ma fièvre qui est tombée ou la fumée de mes pets qui s’est dégagée dans mon studio de 20m2, mais je me rend compte que je viens de regarder un film de gonzesse sur un milieu qui ne m’intéresse pas avec des acteurs plats. Non il est temps de retourner faire des activités de mec et chasser le croco dans les marécages du Bayou.

16h, 38,5°: J’ai froid à nouveau. Je repasse sur Netflix. Le site me suggère un autre film d’Anne Hathaway : Le nouveau stagiaire. On retrouve Robert De Niro à la retraite, en plein ennui. Pour pallier à cela, il décide de répondre à une annonce pour des stagiaires senior. Et qui dirige cette société de prêt-à-porter ? Anne, mon Héroïne, mon Doliprane. Pas suffisant donc « Go » pour un petit dafalgan. Le nouveau stagiaire suit Robert qui tente de s’adapter aux nouvelles technologies du monde du travail actuel. Mais ce qui m’intéresse, c’est de voir comment Anne jongle entre sa société et sa vie de couple. Son mari interprété par Anders Holm interprète un père au foyer en manque de sexe ne comprenant pas pourquoi sa femme passe aussi peu de temps à la maison. Bien sûr, film américain imprégné des nouvelles tendances égalitaires des sexes oblige, Anders joue un papa sans couilles qui boude sa femme carriériste parce que, un homme au foyer, ça ne peut pas comprendre les désirs d’une femme de réussir. J’oublie à nouveau mon masculin pour une montée hormonale le temps du film.

16h ??, 39° : Le film est vraiment médiocre mais je n’arrive pas à le zapper. Plus je suis délirant de fièvre, plus le jeu d’Anne me permet de tenir. Heureusement que le festival de Cannes ne se passe pas pendant les périodes d’épidémie. Je suis sous ma couette, filet de bave sur ma joue, entouré de mouchoirs et de plaquette de médocs, happé par Anne qui lentement s’ajuste à la présence de Robert au volant de sa voiture. Entre délire fiévreux et poumons gras, je me retrouve à pleurer devant Anne à qui on veut imposer un PDG alors qu’elle a monté sa start up de A à Z. Quelle injustice !

1 ? 7 ? Il est 17h ? 39,5° : Mon front suinte. Je pense que plus ma fièvre monte, plus j’aime Anne. J’en veux pour preuve ce graphique très scientifique qui compte des heures de visionnage.

Des heures de calculs

Vous l’avez compris, à l’heure ou j’écris ces mots, je suis en plein délire amoureux avec mon écran de télévision. J’arrive pile au moment ou Anne repleure. Cette fois je n’en peux plus, j’exprime mon empathie en essaie de caresser ce visage triste depuis mon lit.

Bien sûr, je tente de trouver une solution pour Anne. Je lui doit bien ça après qu’elle se soit occupée de moi toute la journée. Mais non, le film se termine 10 minutes après avec un pardon accordé à son mari, fade, générique. Quelle arnaque. Je fulmine de sueur devant ce scandale. Pour moi, Anne mérite mieux.

Un grand merci Anne pour cette merveilleuse journée. Grâce à toi, j’ai pu voir à l’oeuvre une femme forte, aimante et déterminée. Et ne t’inquiète pas. Je suis sûr que la fièvre n’y est pour rien dans le fait que j’ai supporté ta filmo à l’eau de rose en ce jour du seigneur. Encore merci de m’avoir ouvert les yeux sur cette niche de spectateurs malades sur laquelle compte certainement les réalisateurs de tes œuvres. Bonne nuit mon amour.